{"id":5057,"date":"2016-04-05T17:21:45","date_gmt":"2016-04-05T16:21:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.stve.fr\/Actu\/?p=5057"},"modified":"2016-04-05T17:22:30","modified_gmt":"2016-04-05T16:22:30","slug":"le-prix-des-primeurs-2015-inevitablement-a-la-hausse","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.stve.fr\/Actu\/2016\/04\/05\/le-prix-des-primeurs-2015-inevitablement-a-la-hausse\/","title":{"rendered":"Le prix des primeurs 2015, in\u00e9vitablement \u00e0 la hausse"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><strong>En cours d&rsquo;\u00e9levage, le mill\u00e9sime 2015 de Bordeaux se d\u00e9voile en d\u00e9gustation et se pr\u00eate d\u00e9j\u00e0 aux sp\u00e9culations sur le niveau de hausse de ses prix<\/strong><br \/>\nBattant son plein \u00e0 Bordeaux, la semaine de d\u00e9gustation du dernier mill\u00e9sime pose la question des prochains prix et de leur origine strat\u00e9gique. Tour d\u2019horizon avec quatre dirigeants de crus class\u00e9s en 1855 de la presqu\u2019\u00eele m\u00e9docaine.<\/p><\/blockquote>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ce que le prix des primeurs doit \u00e0 sa semaine de pr\u00e9sentation est une \u00e9quation d\u00e9licate, o\u00f9 l\u2019ego affich\u00e9 se dispute aux strat\u00e9gies confidentielles. A \u00e9couter les principaux int\u00e9ress\u00e9s, des propri\u00e9taires de crus class\u00e9s, cette d\u00e9cision annuelle d\u00e9pend de nombreuses variables, du mill\u00e9sime \u00e9videmment (notamment son exposition m\u00e9diatique, mais aussi ses rendements), mais surtout de sa perception par la Place de Bordeaux (essentiellement le dynamisme des march\u00e9s, allant des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 ceux de change). Diffus, cet ensemble de param\u00e8tres peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9 en une variable, on ne peut plus ind\u00e9finie : l\u2019attente per\u00e7ue des primeurs.<\/p>\n<p>Et pour le dernier mill\u00e9sime bordelais, les propri\u00e9t\u00e9s esp\u00e8rent que l\u2019heure du soulagement est arriv\u00e9e. \u00ab Apr\u00e8s des mill\u00e9simes 2011, 2012 et 2013 difficiles pour tout le monde, puis le questionnement en suspens de 2014, on a l\u2019impression de sentir la possibilit\u00e9 d\u2019une reprise avec le mill\u00e9sime 2015 \u00bb r\u00e9sume Olivier Salques, du ch\u00e2teau Boyd-Cantenac \u00e0 Margaux (qui vend la moiti\u00e9 de ses vins en primeur). De bon aloi durant la semaine des primeurs, la naturelle prudence des crus class\u00e9s a tendance \u00e0 s\u2019effriter avec cette satisfaction d\u2019avoir r\u00e9alis\u00e9 un bon mill\u00e9sime. Tant et si bien qu\u2019ils s\u2019accordent d\u00e9j\u00e0 tous sur une tendance : les prix vont monter, raisonnablement, mais surement.<\/p>\n<p>\u00ab Il reste \u00e0 traduire les r\u00e9ussites techniques en performances commerciales \u00bb essaie bien de pond\u00e9rer Anne-Fran\u00e7oise Qui\u00e9, du ch\u00e2teau Rauzan-Gassies \u00e0 Margaux (\u00e0 95 % commercialis\u00e9 en primeurs). Mais c\u2019est pour mieux s\u2019amuser de rapporter que ses acheteurs n\u2019ont qu\u2019une rengaine lors de leurs d\u00e9gustations 2015 : \u00ab vos vins sont tr\u00e8s bons, il nous en faut plus, mais il ne faut pas monter le prix \u00bb. Un message classique de la part d&rsquo;acheteurs, mais vu cette ann\u00e9e comme une validation d&rsquo;une hausse raisonnable, bon mill\u00e9sime oblige.<\/p>\n<p><strong>2015, le bien aim\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Avec la bonne r\u00e9putation dont le mill\u00e9sime b\u00e9n\u00e9ficie depuis les vendanges (des consultants \u00e0 la presse), il semble que la semaine des primeurs ne serve qu\u2019\u00e0 conforter l\u2019image que les critiques et metteurs en march\u00e9 ont de 2015 sur la rive gauche. Ceci afin que les propri\u00e9taires arr\u00eatent les fourchettes d\u2019augmentation des prix qu\u2019ils ont d\u00e9j\u00e0 en t\u00eate. Et que leurs acheteurs valident les allocations sur lesquelles ils se sont d\u00e9j\u00e0 positionn\u00e9s. \u00ab La bonne image du mill\u00e9sime s\u2019est faite d\u00e8s le mois de septembre. Depuis des mois, les gens m\u2019en demandent \u00bb confirme Jean Triaud, du ch\u00e2teau Saint-Pierre \u00e0 Saint-Julien (qui r\u00e9alise 85 % de ses ventes en primeur).<\/p>\n<p>S\u2019il est press\u00e9 de demande, il ne compte pas se pr\u00e9cipiter pour annoncer ses prix. \u00ab D\u2019exp\u00e9rience, il ne porte pas bonheur de sortir ses prix en premier. On attend de voir ce que font les voisins \u00bb glisse-t-il, pr\u00e9f\u00e9rant surveiller les r\u00e9actions pour bien \u00eatre dans le march\u00e9. \u00ab En 2015, on a quelques pistes positives de la place de Bordeaux, qui est pr\u00eate \u00e0 suivre. Ce sera moins cher que 2009 et 2010, mais plus cher que 2013 ou 2014 \u00bb estime-t-il.<\/p>\n<p><strong>Qui critique les critiques ?<\/strong><\/p>\n<p>Le syst\u00e8me en primeur repose sur le concept de perception des attentes et des possibilit\u00e9s offertes au mill\u00e9sime. Si les critiques en sont la composante la plus visible, leur importance est r\u00e9duite \u00e0 peau de chagrin par les propri\u00e9taires. A \u00e9couter les grands crus m\u00e9docains, peu de notes sont encore capables d\u2019influencer directement leurs prix. Il faut dire que depuis l\u2019an dernier, l\u2019avocat am\u00e9ricain Robert Parker Junior ne se d\u00e9place plus pour les primeurs bordelais, laissant moins un vide que le souvenir d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue.<\/p>\n<p>\u00ab On est toujours ravis d\u2019avoir de bonnes notes, c\u2019est une reconnaissance r\u00e9elle pour nos \u00e9quipes techniques, mais ce n\u2019est pas un indice de fixation de ne prix \u00bb estime ainsi Anne-Fran\u00e7oise Qui\u00e9. Il est vrai qu\u2019avec un mill\u00e9sime d\u2019embl\u00e9e pl\u00e9biscit\u00e9, l\u2019impact des critiques est m\u00e9caniquement moindre. Du moins quand leurs \u00e9chos se contentent d\u2019\u00eatre positifs. Quand l\u2019orientation est n\u00e9gative, elles peuvent quand m\u00eame peser dans la balance.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019id\u00e9e qu\u2019il a plus plu dans le Nord du M\u00e9doc qu\u2019ailleurs s\u2019est install\u00e9e dans l\u2019esprit de certains. Les notes ne sont clairement pas \u00e0 la hauteur des vins \u00bb enrage Basile Tesseron, du ch\u00e2teau Lafon Rochet \u00e0 Saint-Est\u00e8phe (80 \u00e0 90 % des ventes en primeur). Passablement furieux, il tend les \u00e9chantillons de primeurs en lan\u00e7ant : \u00ab \u00e7a a pris la pluie ? C\u2019est dilu\u00e9 ? On a rajout\u00e9 de l\u2019eau ? Rarement on a eu de tels vins\u2026 \u00bb Ne m\u00e2chant pas sa d\u00e9ception, Basile Tesseron t\u00e9moigne donc d\u2019un certain pouvoir m\u00e9diatique direct, du moins quand il est n\u00e9gatif (le mill\u00e9sime 2013 en a fait les frais). Pass\u00e9e la d\u00e9ception, il indique fixer ses prix en primeur par un test sur ses acheteurs fid\u00e8les. A l\u2019occasion d\u2019un voyage en Angleterre, il juge aupr\u00e8s d\u2019eux de l\u2019acceptabilit\u00e9 de ses id\u00e9es de prix.<\/p>\n<p>Si les marges de manoeuvre de chacun semblent confus\u00e9ment entrem\u00eal\u00e9es, le syst\u00e8me des primeurs fonctionne toujours parce que ses acteurs finissent par s\u2019y retrouver. Ces propri\u00e9taires le clament en choeur, si syst\u00e8me des primeurs persiste, c\u2019est qu\u2019il est bien r\u00f4d\u00e9. Et toujours demand\u00e9, entre les besoins de tr\u00e9sorerie des propri\u00e9t\u00e9s et la demande d\u2019assurer un approvisionnement pour les acheteurs. Des allocations \u00e0 prix int\u00e9ressants soulignent les crus m\u00e9docains, qui estiment que les vins de Bordeaux sont en accord avec le march\u00e9 des grands vins mondiaux, de Bourgogne \u00e0 la Toscane.<\/p>\n<p style=\"font-size: 10px;\">Sources : <a href=\"http:\/\/www.vitisphere.com\">Alexandre Abellan \/ www.vitisphere.com <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En cours d&rsquo;\u00e9levage, le mill\u00e9sime 2015 de Bordeaux se d\u00e9voile en d\u00e9gustation et se pr\u00eate d\u00e9j\u00e0 aux sp\u00e9culations sur le niveau de hausse de ses prix Battant son plein \u00e0 Bordeaux, la semaine de d\u00e9gustation du dernier mill\u00e9sime pose la question des prochains prix et de leur origine strat\u00e9gique. 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