Le « Vin de France » veut se moderniser

La catégorie « Vin de France », vendue sous une marque ou un cépage et non une appellation, notamment à l’international, veut convaincre les viticulteurs de produire spécialement pour elle, et pas que pour les vins à labels.


Aujourd’hui, « quand on fait du Vin de France, c’est par défaut », alors « qu’on pourrait faire une autre viticulture en France, moderne, vivante, éco-responsable, et dédiée au ‘Vin de France’ pour répondre aux critères des marques dans la compétition internationale », déplore Bruno Kessler, vice-président de l’interprofession Anivin.

Un vigneron peut aussi choisir de faire du « vin de France » s’il ne souhaite pas à se soumettre au cahier des charges de l’appellation qu’il pourrait revendiquer.

Anivin a été créée en 2009 après une réforme menée par Bruxelles en 2008 qui a permis de créer la catégorie « Vin de France » ou vin sans indication géographique (SIG), venue compléter les catégories avec une indication géographique protégée (IGP) ou des labels de qualité comme les vins AOC.

 

METTRE EN AVANT LES CÉPAGES

Cette nouvelle catégorie a intégré les vins français plutôt bas de gamme, autrefois appelés vins de table. Mais elle a aussi permis de mettre en avant les cépages de ses vins de table, Chardonnay, Cabernet-Sauvignon, Merlot… rompant ainsi avec une longue tradition de promotion des terroirs.

Une stratégie qui a payé puisque les ventes de bouteilles de « Vin de France » cépage ont été multipliées par deux en volume entre 2010 et 2015 à 1,5 millions d’hectolitres.

Mais face à ce succès, Anivin souligne le problème de l’approvisionnement, basé sur les volumes de vin restant une fois que les vignobles AOC et IGP ont pris ce dont ils avaient besoin.

Or, la production a été faible cette saison et il n’est pas resté grand chose pour les vins SIG.

Sur les 752.000 hectares plantés de vignobles en France en 2014 seuls 37.500 étaient dédiés au « Vin de France », selon Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture.

 

CONVAINCRE DE JEUNES VITICULTEURS

Anivin cherche donc à convaincre les viticulteurs d’abandonner les contraintes des cahiers des charges des AOC, en mettant en avant une culture facilitée par la mécanisation de la taille des vignes ou le recours à l’enherbement entre les ceps par exemple. Pour cela l’association a édité un guide pratique de ces nouvelles techniques aux éditions Dunod.

Convaincre de jeunes viticulteurs est crucial à l’heure où de nombreux exploitants partent à la retraite et alors que la réforme européenne des droits de plantation a créé un potentiel de 8.000 hectares cultivables supplémentaires au 1er janvier.

« Ma cave coopérative est dans une démarche d’accompagnement du changement des générations », avec des reprises et des créations de vignobles, « et plusieurs caves sont dans cette démarche là », explique Serge Tintane, président d’Anivin et des Caves et Vignobles du Gers qui cultive des vignes « Vin de France » depuis 8 ans.

 

VINS DE CÉPAGE AUSTRALIENS, CHILIENS, CALIFORNIENS

L’interprofession souhaite aussi que des producteurs demandent des droits de plantation pour faire du SIG.

« Certains nous ont dit ‘on ne va pas remettre du vin de table’, non on va remettre du ‘vin de France' », clame M. Kessler.

Argument supplémentaire, les marques et les vins de cépage australiens, chiliens et californiens ont taillé des croupières aux vins français à l’international. La France représentait 19% des exportations de vin dans le monde en 2005 mais seulement 14% en 2014.

 

LE SEGMENT EST PORTEUR

Or, « les concurrents du nouveau monde ont attaqué le coeur de marché, ils ont développé des marques alors même que nous nous focalisions sur les origines géographiques », assure Laurent Delaunay, responsable du marketing à l’Anivin.

En tout cas, le segment est porteur et le premier groupe coopératif français InVivo a créé mi-2015 un nouveau pôle d’activités consacré au vin, avec l’ambition de devenir le troisième acteur du marché hexagonal.

L’idée du groupe est de « mieux marketer et vendre » le vin en vrac à l’export, alors que « toute la croissance mondiale (dans le vin) se fait sur des marques pilotées par des acteurs internationaux » mais pas français, selon Thierry Blandinières, directeur général d’InVivo.

 

Sources : AFP / www.larvf.com

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